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Avez-vous remarqué que cette carte d'identité émise le 19 avril 1944 mentionnait ce que l'on appelle aujourd'hui le "n° de sécurité sociale" ?

La création d'un répertoire national des individus, obtenu par copie des registres d'état civil, a été réalisée en 1941 par le service de la démographie. Dans ce répertoire chaque individu était identifié par un numéro.
A l'origine, en France Métropolitaine, le premier chiffre avait la même signification que celui du numéro de Sécurité sociale actuel (1 ou 2). Mais des instructions ultérieures ont tenté de modifier cette première composante en Algérie. Le premier chiffre associait le sexe à une donnée d'appartenance religieuse, de nationalité, d'origine géographique comme suit :
- 1 ou 2 pour les citoyens français,
- 3 ou 4 pour les indigènes d'Algérie et de toutes les colonies, non juifs,
- 5 ou 6 pour les juifs indigènes,
- 7 ou 8 pour les étrangers,
- 9 ou 0 pour les statuts mal définis.
Conformément aux textes adoptés à la Libération, l'ensemble des fiches contenant des informations individuelles d'appartenance religieuse (code 3, 4, 5, 6) ont été détruites après 1944.

A la sortie de la seconde guerre mondiale, l'INSEE a repris à sa charge le répertoire des individus (qui s'appellera plus tard RNIPP) avec son identifiant (numéro qui s'appellera plus tard NIR), après les avoir donc débarrassés de toute référence à l'appartenance religieuse des personnes.
Vers la même époque, lors de création de la Sécurité sociale, le NIR a été adopté pour identifier les assurés sociaux sans que cela ne soulève d'opposition dans l'opinion publique. Progressivement, les employeurs, dans la gestion de leur personnel, du fait de l'obligation qui leur était faite ainsi qu'à leurs salariés de cotiser à la Sécurité sociale, ont eu recours au NIR pour établir les bulletins de paie et effectuer les versements correspondants.

Dans les années 1970, s'est posée la question de l'informatisation du RNIPP; la réflexion de quelques hauts fonctionnaires a donné naissance au projet SAFARI (Système Automatisé pour les Fichiers Administratifs et le Répertoire des Individus) qui, allant bien au-delà de la simple informatisation du RNIPP, visait à utiliser le NIR comme identifiant commun à tous les fichiers administratifs. Et le projet initial prévoyait même que des banques, des assurances et d'autres organismes tels que le Ministère de l'Intérieur puissent utiliser le NIR.
Lorsque deux fichiers sont basés sur un même identifiant, il est très facile de les fusionner, de les interconnecter; c'est un peu comme s'ils constituaient un seul et même fichier, donc une seule et même source d'informations regroupant la somme des données sur un individu.
Ce projet SAFARI visait à produire quasiment une méga base de données administratives (constituée de tous les fichiers dont l'identifiant serait le NIR).
En 1974, l'article du journal Le Monde "SAFARI ou la chasse aux Français" a porté le débat sur la place publique. Par la suite, le gouvernement a interdit les interconnexions de fichiers sans l'accord du Premier Ministre et créé une commission dont les travaux aboutirent à la loi du 6 janvier 1978 "relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés", appelée couramment "loi informatique et liberté", encore en vigueur à ce jour et à la création de la CNIL (Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés), autorité administrative indépendante.
origine : DELIS (Droits et Libertés face à l'informatisation de la Société).

 
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